Création de site web
Créer son site internet soi-même : quelles compétences faut-il maîtriser ?
11 min de lecture
Par l’équipe pédagogique Seven Gold School
Publié le

Choisir un outil ne représente qu’une petite partie du projet. Un site utile relie une offre claire, un parcours simple, des contenus crédibles et une maintenance prévue.
La première question posée est presque toujours celle de l’outil. C’est la dernière qui devrait l’être. Un site qui ne convertit pas échoue rarement à cause de la plateforme : il échoue parce que l’offre n’est pas lisible, que le parcours est confus, ou que personne n’a prévu qui met à jour quoi.
Avant l’outil : objectif, cible, conversion
Trois décisions précèdent toute considération technique. L’objectif : recevoir des demandes, vendre en ligne, rassurer avant un rendez-vous, recruter. La cible : qui vient, avec quelle question en tête, à quel moment de sa réflexion. La conversion : quelle action précise on attend, et comment on saura qu’elle a eu lieu.
Un site peut servir plusieurs objectifs, mais un seul doit primer. Sans hiérarchie, chaque page se termine par cinq propositions concurrentes et le visiteur n’en choisit aucune.
Douze compétences à maîtriser
- 1. Formuler son offre : ce que l’on fait, pour qui, avec quel bénéfice concret
- 2. Rédiger un cahier des charges : périmètre, contenus, fonctionnalités, contraintes, budget, délais
- 3. Comprendre nom de domaine et hébergement : propriété des accès, renouvellement, messagerie associée
- 4. Concevoir l’arborescence : pages nécessaires, hiérarchie, navigation
- 5. Écrire pour le web : titres explicites, paragraphes courts, information utile en premier
- 6. Poser une identité visuelle : logo, couleurs, typographies, photos cohérentes
- 7. Assurer le responsive et l’accessibilité : lisibilité mobile, contrastes, textes alternatifs, navigation clavier
- 8. Prendre en main un CMS : pages, médias, menus, utilisateurs et rôles
- 9. Mettre en place un formulaire et organiser le traitement des données collectées
- 10. Poser les bases du référencement : titres, descriptions, structure, liens internes, images allégées
- 11. Sécuriser et sauvegarder : certificat, mots de passe, mises à jour, sauvegarde restaurable
- 12. Mesurer et maintenir : suivi des demandes, mise à jour des contenus, contrôles réguliers
Le cahier des charges, même court
France Num propose une trame en dix points clés pour bâtir un cahier des charges. L’intérêt n’est pas de produire un document épais mais de trancher à l’avance : objectifs, cibles, arborescence, contenus disponibles ou à produire, fonctionnalités, contraintes techniques, identité, budget, planning, et modalités de maintenance.
Même pour un site fait soi-même, cet exercice évite le scénario classique : trois semaines passées sur le design d’une page d’accueil dont le texte n’est toujours pas écrit.
Faire soi-même ou déléguer
Faire soi-même a du sens quand le site est simple, que l’on veut pouvoir modifier ses contenus librement, et que l’on accepte d’y consacrer du temps d’apprentissage. Déléguer se justifie quand le site conditionne directement le chiffre d’affaires, que des fonctionnalités spécifiques sont nécessaires, ou que le temps disponible est faible.
La solution intermédiaire est souvent la meilleure : se former pour piloter et administrer, confier à un professionnel la conception initiale et les développements spécifiques. Dans tous les cas, une règle vaut d’être posée dès le départ : les accès au domaine, à l’hébergement et à l’administration doivent appartenir à l’entreprise.
Une architecture minimale
- Accueil : ce que vous faites, pour qui, et l’action attendue, visibles sans faire défiler
- Une page par offre principale, plutôt qu’une page « Services » fourre-tout
- À propos : qui vous êtes, votre légitimité, des éléments concrets et vérifiables
- Contact : formulaire simple, informations utiles, réponse au « que se passe-t-il ensuite »
- Pages d’information obligatoires selon votre activité
- Éventuellement un espace de contenus, si vous pouvez le tenir dans la durée
Écrire les cinq pages avant de choisir l’outil
L’exercice le plus rentable consiste à rédiger le texte des cinq pages principales dans un simple document. Un titre par page, une promesse, le contenu utile, une action finale unique. Le texte prêt, la mise en ligne prend quelques heures ; sans texte, aucun outil n’avance.
Cet exercice révèle aussi ce qui manque : photos, références clients autorisées, description précise des prestations. Ces manques se traitent mieux en amont qu’à mi-parcours.
Choisir un outil sans se tromper de critère
Aucune plateforme n’est recommandée ici : le bon choix dépend du projet. Les critères à examiner sont en revanche stables : possibilité de modifier soi-même les contenus, propriété et portabilité des données, coût total incluant hébergement et extensions, capacité à gérer les éléments de référencement de base, qualité de l’affichage mobile, et facilité de sauvegarde.
Un dernier critère est souvent négligé : la possibilité de partir. Savoir comment récupérer ses contenus et son nom de domaine si l’outil ne convient plus évite une dépendance coûteuse deux ans plus tard.
Qualité technique : les fondamentaux
Les documents de Google Search Central destinés aux développeurs rappellent les bases : les pages doivent être accessibles aux robots, les liens doivent être de véritables liens explorables, chaque page importante doit avoir une adresse propre et stable, et le contenu doit être présent dans la page servie.
S’y ajoutent des points de bon sens : images redimensionnées avant import, affichage mobile vérifié sur un vrai téléphone, temps de chargement raisonnable, titres et descriptions rédigés page par page. Ces éléments ne garantissent aucune position dans les résultats ; ils évitent de se pénaliser inutilement.
Conformité : ce qu’il faut vérifier
Un site professionnel doit comporter un certain nombre d’informations légales, et les obligations varient selon la nature de l’activité, le statut et le type de site. France Num publie un guide sur les mentions légales d’un site professionnel qui permet de repérer les points à traiter.
Cet article ne constitue pas un avis juridique et ne peut pas se substituer à une vérification adaptée à votre situation. Le réflexe utile est de lister les obligations applicables à votre activité, de les vérifier auprès des sources officielles ou d’un professionnel compétent, puis de traiter au même moment le sujet des données collectées par vos formulaires : finalité, durée de conservation, information des personnes.
Recette avant mise en ligne
- Tester le site sur mobile, tablette et ordinateur, sur au moins deux navigateurs
- Vérifier chaque lien et chaque bouton, y compris dans le pied de page
- Envoyer un message via chaque formulaire et confirmer sa bonne réception
- Relire tous les textes à voix haute, en corrigeant les fautes et les phrases trop longues
- Contrôler les images : poids, cadrage mobile, texte alternatif renseigné
- Vérifier les pages d’information obligatoires et la cohérence des coordonnées
- S’assurer qu’une sauvegarde existe et qu’elle a déjà été restaurée une fois
Un programme en sept modules
- Module 1 — Cadrage : objectif, cible, conversion, cahier des charges
- Module 2 — Architecture et contenus : arborescence, rédaction des pages principales
- Module 3 — Identité et design : cohérence visuelle, lisibilité, images
- Module 4 — Mise en œuvre : prise en main de l’outil, création des pages, menus
- Module 5 — Formulaires et données : conception, traitement, information des personnes
- Module 6 — Référencement de base et performance : titres, structure, images, mobile
- Module 7 — Sécurité, sauvegarde, mesure et maintenance
Les formats de 14 et 21 heures permettent respectivement de poser les fondations et de mettre en ligne un site complet pendant la formation, avec un parcours personnalisé possible après positionnement.
Après la mise en ligne
Un site n’est pas terminé le jour de sa publication. Une routine mensuelle courte suffit : vérifier les formulaires, mettre à jour les contenus datés, contrôler les sauvegardes, appliquer les mises à jour nécessaires, et regarder d’où viennent les demandes reçues.
Cette dernière observation est la plus instructive. Elle indique quelles pages travaillent réellement et lesquelles n’intéressent personne, ce qui oriente les évolutions bien mieux qu’une intuition esthétique.
En résumé
Créer son site soi-même demande douze compétences, dont une seule concerne l’outil. Le travail décisif se situe en amont : objectif, cible, action attendue, arborescence et rédaction des pages principales. Viennent ensuite la mise en œuvre, les formulaires, les bases techniques de référencement, la sécurité et la maintenance. Les obligations d’information dépendent de votre activité et doivent être vérifiées auprès des sources officielles ou d’un professionnel compétent.
